2 octobre 2016

Tribune



Hep toi, là ! oui, toi, l’ÉDITEUR...
c’est moi, le métèque
guatémaltèque,
à Paris j’avais 20 ans, j’étais
poète,
je lisais Laforgue, Lautréamont,
j’admirais Larbaud, Supervielle, Cocteau,
je voyais les surréalistes,
j’ai écrit des vers
instantanés, des proses
télescopées,
Miomandre m’a traduit, Gómez de la Serna
m’a préfacé,
j’ai publié tout ça & je suis parti,
on a parlé de moi
dans toute l’Amérique,
mais je suis parti,
& me revoilà,
pour toi, l’ÉDITEUR,
quelqu’un m'a traduit,
imprime-moi,
tu ne sais pas mon nom mais imprime-moi,
je suis le métèque guatémaltèque,
à Paris c’était la syphilis ou le surréalisme,
j’ai choisi le surréalisme,
& je suis parti,
mais quelqu’un
m’a traduit, c’est bien gentil,
IMPRIME-MOI,
ou je vais rester là, le bras levé,
à faire le clown
sous toutes les couleurs
(mais jamais les bonnes),
mets fin à tes cauchemars,
soulage ta conscience &
IMPRIME-MOI.

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